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Souvent confondu avec le chat domestique redevenu sauvage, le chat forestier est un félidé indigène qui a toujours existé en Europe comme son « grand » cousin le lynx. Il n’est en rien l’ancêtre du chat domestique qui a ses origines au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est et dont l’introduction remonterait aux croisades. Le chat forestier, bien que très ressemblant au premier coup d’œil à son homologue domestique « tigré », présente cependant certaines caractéristiques qui permettent de l’en distinguer. Ainsi, avec un poids compris entre 3,5 et 5 kg, il est en moyenne plus grand et plus lourd. Il possède une longue queue touffue et annelée (2 à 5 anneaux) en forme de massue dont l’extrémité est toujours terminée par un manchon noir. De plus une bande noire unique et bien visible qui débute derrière la nuque et s’arrête à la naissance de la queue, est toujours présente sur son dos. Enfin les rayures latérales sont peu marquées et sont plutôt à qualifier de « marbrures » contrairement au chat domestique tigré.

D’autres critères morphologiques existent comme le calcul de l’indice crânien, rapport entre la longueur totale du crâne et la capacité crânienne, plus petit chez le chat domestique ou la longueur de l’intestin, plus court chez le chat forestier, mais ils sont plus difficiles d’appréciation. Comme la plupart des félins, le chat forestier possède des griffes rétractiles qu’il utile notamment pour grimper ou pour capturer ses proies. Son cadre de vie se compose de milieux diversifiés de lisière avec une prédilection pour les stades jeunes des forêts, les clairières de régénération forestière ou les coteaux ensoleillés. En France, le chat forestier est présent dans le Nord-Est, essentiellement en Lorraine, Bourgogne, Champagne-Ardenne, et Franche-Comté. Ces régions hébergent certaines des plus belles populations d’Europe. Cette population du Nord-Est trouve des prolongements en région Centre, notamment dans le Loiret, le Loir-et-Cher, le Cher et l’Indre. Le chat forestier est également présent dans les Pyrénées. Avec un taux de boisement proche des 30 % et de vastes massifs forestiers, le département de l’Yonne accueille une population de chat forestier relativement importante. Il est notamment présent dans tous les grands massifs ( Morvan-Vézelien, Forêt d’Othe, Forêt de Saint Fargeau, Forêt de Cruzy le Châtel, Forêt de Lancy) mais aussi sur de nombreuses communes où il s’accommode des friches et autres « mürgers ».

Véritable spécialiste de la chasse à l’affût et à l’approche, le chat forestier recherche ses proies toujours au sol. Son régime alimentaire est essentiellement composé de petits rongeurs (campagnol, mulot,..) mais aussi de lapin de garennes, dont il utilise parfois les terriers pour se « gîter », d’oiseaux et de proies plus éclectiques comme des poissons ou des reptiles.

Animal discret, le chat forestier vit en solitaire, sur un territoire variant de 100 à 1300 hectares selon les sexe et l’âge de l’animal. Les études scientifiques ont mis en évidence que les domaines de mâles adultes avaient une surface très largement supérieure à celle des femelles et qu’ils se superposaient souvent aux aires de différentes femelles. A l’intérieur de ces territoires, le chat forestier dispose de plusieurs gîtes qu’il occupe alternativement. En hiver et en automne, il privilégie les terriers abandonnés (renard, blaireau, lapin de garenne) ou les abris sous des souches. Au printemps et en été, il sera moins exigeant est se contentera souvent d’arbres creux ou de tas de pailles. Le rut a lieu de mi janvier à mi février et les naissances de la mi-mars à la fin du mois d’avril après une gestation de 63 à 69 jours. Les portées comprennent de1 à 6 chatons que la mère élèvera seule, le nombre de jeunes par portée est de 3,1 en moyenne.

L’observation de cette espèce « protégée » est très difficile. Les périodes les plus propices sont la fin d’hiver, qui coïncide avec le rut de ce félidé, et en mai-juin, au début de la fenaison sur les prairies adjacentes aux massifs forestiers, riches en micro mammifères. Les meilleures heures d’observation sont évidemment le matin de bonne heure et la fin de l’après-midi.

Après avoir connu une période de régression au début du XXe siècle, le chat forestier n’est aujourd’hui plus menacé. Son aire de répartition en France s’est même étendue plus à l’Ouest. Cependant un péril insidieux guette ce félin : l’hybridation avec le chat domestique errant. En effet une étude génétique, auquel la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Yonne a participé, vient de mettre en évidence que l’hybridation, considérée jusqu’alors comme marginale, était présente de façon assez régulière dans les populations de chat forestier. Si ce phénomène venait à s’amplifier, il y a fort à parier que la spécificité génétique du « seul chat sauvage européen » ne se détériore à long terme.


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